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Déjeuner brûlé, orteil cassé, inscription ratée… et Pôle Emploi dans tout çà ?

Coucher de soleil

Pas de recette aujourd’hui, mais un billet sur un coup d’humeur.

Je me dois de commencer par un court résumé de faits remontant à une petite année. Ainsi, pour des raisons à peu près communes à tout un chacun, je recherche un emploi depuis mon dernier déménagement. Pour ce faire, je me suis adressée au Pôle Emploi de mon département et même s’ils ne m’ont jamais rien proposée ni indemnisée, ils vérifient régulièrement que je suis active dans ma recherche, ce que je prends fort à coeur, puisque c’est tout de même moi qui l’ai décidé.

J’ai, il est vrai, oublié d’actualiser ma situation durant les deux mois d’été, doutant des possibilités d’emploi dans la région et de la force de proposition du Pôle emploi durant cette période. Oups, il fallait faire une demande de congés, j’ai omis ce détail et continué à faire comme d’hab, ne rien faire sans être payée mais ailleurs et en vacances.

A la fin de ces vacances, mon petit orteil est tombé amoureux d’un pied de chaise, la rencontre fut pour le moins explosive, tant et si bien que le petit chou ne sachant pas s’il devait demeurer près de sa dulcinée ou continuer à me servir fidèlement décida de couper la poire en deux, la phalange plutôt. Crac ! En deux, net, sans appel mais avec quelques bavures… les os, renseignements pris auprès des services compétents : fracture avec déplacement (atomisation de la première phallange), vingt-jours de béquilles sans poser le pied (équilibriste sur trépied, la m…).

On y est presque, ce matin donc, je prépare à manger pour la famille, puisque mon secteur, outre la particularité de ne pas offrir de travail à tout le monde, ailleurs aussi me direz-vous mais ici les particularités sont encore différentes, le coin n’offre pas non plus de cantines scolaires (là n’est pas le problème, c’est plutôt sympa de manger ensemble). Je cuisine donc un lapin à la moutarde qui s’avérait prometteur et mijotait tout doux. J’appelle le Namour pour lui demander le service de m’emmener au Pôle Emploi afin de rendre effective la ré-inscription que je viens d’effectuer sur Internet, l’expérience ça l’anticipation est la mère de la prudence.

Le début de l’histoire c’est maintenant. En rentrant de vacances dûment radiographiée et équipée de cannes anglaises, des amis, en vacances chez nous, me conduisent au Pôle Empoi en vue de ma ré-inscription. J’entre, en béquillant, l’exercice étant nouveau pour moi, je ne suis pas très sûre sur mes trois pattes, la quatrième me portant plutôt au déséquilibre. Cahin-caha, j’arrive dans le hall, mes amis ouvrant les portes pour moi, le rez-de-chaussée n’est pas très peuplé pourtant une dame apparaît, me fait passer dans un bureau, consulte ma situation dans la base informatique… et constate que je me suis fait radier puisque je ne me suis pas actualisée en juillet. J’ai donc droit à un mois de pénalités qui consiste en l’interdiction de s’inscrire le mois suivant l’oubli d’actualisation. Le préjudice vaut surtout pour les chômeurs indemnisés mais s’applique et c’est normal à tout le monde. Mon cerveau fonctionnant mieux que mon pied, je compte : juillet radiée, août pénalisée, nous sommes le 06 septembre, tout va bien, je peux me ré-inscrire, annonçais-je souriante à la conseillère.

– Vous avez raison, me dit-elle, vous pouvez aller chercher un dossier,

… au premier étage. Sourcils en circonflexes je lui désigne mes béquilles, elle prend un air navré pour moi,

– ah vous ne pouvez pas monter les escaliers !

– Ben non !  J’ai pas appris, une marche soit, mais vingt je sais pas faire. En fait, je le fais à la maison… sur les fesses et là tout de suite dans un lieu public, je le sens pas.

– Et votre amie, elle ne peut pas y aller pour vous ?

Non mais je rêve, mon amie elle est sortie m’attendre dehors, je ne vais pas me retaper les portes battantes pour la héler et lui expliquer que le pôle emploi vient d’inventer la discrimination à l’escalier, tu peux monter, t’as ton dossier, tu peux pas, tant pis.

Vous avez bien lu, je n’ai pas eu mon dossier et j’ai des témoins, mes amis entrant dans « l’auberge » ont entendu la suite, la conseillère était finalement prête à aller chercher le dossier au premier et à me le remettre, lorsqu’une deuxième employée reprend l’argumentation de sa collègue.

– Vous ne pouvez pas vous inscrire tant que vous êtes en arrêt.

– Mais, je ne suis pas en arrêt ! rétorquais-je, hésitant entre incompréhension et énervement. Je suis, de fait, temporairement handicapée, ce qui ne m’empêche, ni de penser, ni de parler, ni d’écrire même si mes mouvements sont ralentis et certains empêchés, je reste une personne normale. La collègue tout en continuant ses photocopies est formelle :

– Non, si vous ne pouvez pas monter chercher le dossier, vous allez devoir attendre que votre… enfin vos… que ça aille mieux pour vous inscrire.

Bien embêtée pour qualifier mon « handicap » aurait été le mot juste, j’ai donc été invitée à revenir lorsque j’irai mieux.

Comme je ne suis pas procédurière, passons. Sur le site de Pôle Emploi, j’ai tout de même trouvé ceci, dans la rubrique :

Y-a-t-il des situations d’emploi qui autorisent des critères apparemment discriminatoires :
c) Travailleurs handicapés
Les différences de traitement fondées sur l’inaptitude constatée par le médecin du travail en raison de l’état de santé ou du handicap ne sont pas des discriminations.
Les mesures prises en faveur des travailleurs handicapés ne constituent pas une discrimination lorsqu’elles contribuent à favoriser l’égalité de traitement. Ainsi l’employeur est tenu de prendre les mesures appropriées pour permettre à un travailleur handicapé d’accéder à un emploi ou de le conserver.

Il est vrai que ce texte s’adresse aux victimes de discrimination de la part des employeurs et explique les recours possibles contre les contrevenants. On peut le lire dans son contexte ici.

Mais monsieur le Juge, il ne s’agit pas de « discrimination à l’embauche » contre la plaignante (moi),  puisque le Pôle Emploi n’est pas employeur mais seulement pourvoyeur d’emploi. Enfin, pas pour tout le monde, il exclut  les « béquillards nul en escalade tout sur les bras », les autres, les valides ou ceux qui ont appris à se servir de leurs cannes, doivent entrer en possession de leur dossier d’inscription, les veinards !

Trois semaines plus tard, je n’ai toujours pas appris à monter les escaliers avec ces engins de malheur. Encore que monter n’est pas le plus dur, c’est descendre qui me pose un problème ; me dire que je vais balancer mon corps en avant en appui sur deux bâtons, me fout une trouille bleue, le vertige, sûrement ! Mais, je peux au prix d’un long effort me hisser marche par marche et devrait pouvoir atteindre le fatidique et tant espéré étage. Un peu comme une quête, il y a des épreuves, pour ceux qui connaissent les chevaliers de la table ronde, je vous laisse distribuer les rôles.

Abandonnant mon lapin (le repas de midi, on suit un peu)  après lui avoir donné un tour de bouillon, nous voilà de nouveau au Pôle Emploi, cette fois avec Namour.

Le rez-de-chaussée paraît toujours aussi désert, je visite, clop, clop, clop, les bureaux lorsque surgit une employée affairée.

– Pardon, me dit-elle, au milieu du passage, je gêne.

– Hum, s’excuserz-moi, je souhaiterais me réinscrire.

– C’est au premier.

Oui, je le sais bien, juste pour vérifier que les choses n’ont pas changé, je demande :

– il n’y a pas d’ascenseur ?

– Hé non ! Rires. La constante, ici, consiste en un accueil personnalisé et chaleureux.

Je monte, trouve une une nouvelle employée souriante, elle me signale ses soucis d’informatique, l’incapacité dans laquelle elle est de valider mon dossier informatique que j’avais pris soin de remplir à la maison, pensant m’éviter la lente ascension de l’escalier. Elle m’en remet un papier, Euréka, le saint Graal est à ma portée, je viens de remporter la première épreuve… la deuxième étant de le ramener dès qu’il est rempli. Je n’ose demander si je pourrais le laisser au rez-de-chaussée, je ne voudrais pas abuser.

Me levant pour partir, elle ajoute compatissante :

– Et si on vous propose un emploi demain, vous êtes prête à travailler ?
Vous n’allez pas être gênée ?

Pourquoi j’ai l’air d’avoir un problème ?

En rentrant, zigzaguant entre les tracteurs garés devant la maison, assaillie par une atroce odeur de brûlé, ricanant à l’idée du voisin ayant oublié son déjeuner sur sa plaque électrique, la mémoire me revient soudain, j’ai oublié de baisser le volume sous la sauteuse. Ciel ! mon lapin !

A midi, ce sera charbon de bois !

On peut sucer des cailloux

ou laisser couler de l'eau

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Catégories :Humeur, humour
  1. 7 octobre 2010 à 19 h 01 min

    Je compatis d’un côté…… mais de l’autre je te dis….. « viens chez moi, j’t montrerais mon administration!!!!!
    Par contre, le pôvre lapin à la moutarde cramé, ça me fend le coeur, c’est un de mes plats fétiches !!!

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  2. 7 octobre 2010 à 12 h 13 min

    Comme je te comprends… Pour ajouter de l’eau a ton moulin, voici mon anecdote: mardi, le pole emploi me demande un cv, et ma conseillère me dit:  » normal que vous ne trouviez pas, il faut changer la description de votre formation! ». OK, ca se formule comment un master 2 droit des assurances autrement? demandé-je naivement; elle: « mais il faut mentir mademoiselle, et marquer bts… » Vie de merde. Bonne journée!

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  3. 7 octobre 2010 à 5 h 42 min

    Garde espoir, on es là pour te remonter le moral ! Courage.

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  4. 7 octobre 2010 à 4 h 02 min

    C’est fou, dis donc ! C’est vraiment des enfoirés au Pôle emploi par chez toi !!!! Moi, étrangement (parce que, des histoires à la c** comme celle que tu viens de raconter, j’en ai entendu quelques unes !!!!) j’ai trouvé qu’à 95%, j’ai toujours été bien accueillie et reçue. Bon, il y a bien eu quelques couacs mais bon …(genre une fois, ça faisait une heure que j’attendais, je vais voir à l’accueil pour leur deamnder ce qu’il se passait … Elles m’ont dit « une heure ? », du coup, elles m’ont envoyé voir une nana qui était « dispo »). Bref, jdois avoir de la chance ! Bon, tu me diras, en eux ans, j’ai du aller à tout casser 5 fois à Pôle emploi et encore j’étais convoquée !

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  5. 7 octobre 2010 à 3 h 36 min

    Quelle aventure…. moi quand j’ai les nerfs…. je pâtiss!!!! et je me délecte…ça c’est le bonheur!!! bonne journée…

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  6. 7 octobre 2010 à 3 h 32 min

    Vive administration !!!!!! ma belle !!!!! courage à toi !!!!! bises et bon jeudi !!!! 🙂

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  7. ROSSET
    6 octobre 2010 à 9 h 58 min

    Coucou ma belle eh bien dur dur et pas trés motivant de trouver un emploi il vaut mieux que tu fasses la cuisine car tu régales tes amis bisous.

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  8. ROSSET Cendrine
    6 octobre 2010 à 9 h 53 min

    Coucou ma belle eh bien aprés cela on n’a vraiment pas envie de travailler, c’est pour cela qu’il vaut mieux cuisiner!! Bisous ma belle.

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  9. Isa Lafargouette
    6 octobre 2010 à 3 h 24 min

    praoubino…Ils font exprès hein… La bureaucratie dans toute sa splendeur…

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